L'odyssée


Le long de la rive sablonneuse, des ombres à la démarche dérobée progressent en silence. Le calme éternel accroché aux talons, les membres striés de frissons farouches, ces funestes soldats ont les lèvres entrouvertes, la langue pendante et les yeux somnolents de ceux qui ont trop guerroyé. Leurs orbites baignées d’effroi scrutent la ligne d’horizon - tellement fragile, qu’un cri suffirait à la briser.


à chaque gouffre, à chaque fissure je te fredonne 

comme un chat, 

J’ai plusieurs vies ; 


en ton honneur, sous tes paroles, je livrerai bataille.

Et toutes les douleurs amoncelées de l’hiver, en tas désordonnés, chanteront au clair de lune afin de raviver les flammes d’une tempête résignée. 


Ces hommes zombies tendent leur lame sous ta gorge royale, Odysseus a le bras long puisqu’il l’entaille 

la chair bondit, écarlate, inadaptée au temps.



Elle était blême, ta voix, la dernière fois que je l’ai entendue. 

D’ailleurs, la cire enfoncée dans les oreilles ne suffit plus. 


Ce film, d’un classicisme écœurant, m’a fascinée - à contrecœur.  

C’est pour cette raison que je termine par : un jour, tu seras oubliée.



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